





Au cœur d’un village médiéval au cadre de vie singulier, la commune de Grand Serre a engagé une dynamique de transformation, illustrée récemment par la rénovation de la place centrale. Cette première étape confirme la volonté municipale d’aller plus loin avec un projet de requalification ambitieux du centre-bourg, visant à préserver la qualité urbaine et architecturale tout en répondant aux usages contemporains.
Malgré ces atouts, le centre ancien est confronté à une vacance résidentielle élevée (15,1 % de logements vacants observés, dont une part structurelle estimée à 7,4 %) et à un parc parfois obsolète : typologies contraintes, accessibilité complexe, manque de confort d’ambiance (ensoleillement, ventilation), et conditions de reconversion difficiles. L’îlot Paradis cristallise ces enjeux : il pose la question essentielle des modalités de requalification d’un patrimoine ordinaire de qualité, mais inadapté aux modes de vie actuels : que conserver, que transformer et quelles aménités recréer pour redonner désirabilité et fonctionnalité au cœur de bourg ?
L’étude s’appuie sur un diagnostic bâtimentaire et une approche urbaine à l’échelle élargie, en interface avec la place de l’Hôtel de Ville, la place de l’Industrie, la place Chazal, ainsi que les polarités publiques (Mairie, église, école). Elle intégrera une lecture patrimoniale en lien avec l’UDAP, en valorisant les procédés constructifs (galets, pisé, briques…) et la mémoire artisanale du quartier de l’Industrie (ateliers, activités en RDC/étage, anciens équipements et toponymie).
Dans un marché local « détendu » où la valeur de l’ancien demeure modérée et où les bilans opérateurs révèlent un déficit important, la stratégie retenue privilégie une dédensification urbaine ciblée : elle permettra d’améliorer l’habitabilité (lumière, respirations, usages), de reposer la question des stationnements et de clarifier le fonctionnement des liaisons entre la place de l’Industrie, la rue Paradis et le bas de la rue Saint-Esprit. Le projet propose la réalisation de 9 logements adaptés aux parcours résidentiels, ainsi qu’une offre commerciale en rez-de-rue sur la place, destinée à accueillir un café associatif en gestion municipale, levier de convivialité et de redynamisation.
